+ 24% de consultations pour idées suicidaires durant la pandémie de Covid-19

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Dans la presse, des psychologues cliniciens tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme car ils remarquent davantage de tentatives de suicide au sein de leur patientèle. L’ASBL « Un pass dans l’impasse », unique structure de spécialisée en prévention du suicide en Wallonie, remarque également une augmentation de l’intensité des idéations suicidaires, une multiplication des passages à l’acte et des scarifications. En 2021, le nombre de consultations liées au suicide au sein de son Centre de prévention du suicide et d’accompagnement a augmenté de 24%.

« Avant la pandémie, en moyenne, 5 personnes mettaient fin à leurs jours chaque jour dans notre pays. La Belgique est un des pays européens où le suicide fait le plus de ravages. Depuis, la crise sanitaire a eu un impact important sur la santé mentale des Belges. Toutefois, il n’est pas encore possible de quantifier l’impact de la crise sanitaire sur la problématique du suicide. Les chiffres de 2020 scientifiquement validés ne seront publiés que dans un an », précise Thomas Thirion, Administrateur Délégué de l’ASBL « Un pass dans l’impasse ».

Le Centre de prévention du suicide et d’accompagnement de l’ASBL, qui apportent un soutien psychologique aux personnes ayant des idées suicidaires, qui ont fait une tentative de suicide ou aux proches endeuillés par suicide, a reçu cependant beaucoup plus de demandes d’aide ces deux dernières années. Les psychologues de l’ASBL ont pu constater et constatent toujours au combien la crise sanitaire a eu un effet délétère sur la santé mentale des jeunes comme des moins jeunes. Durant l’année 2021, le Centre de prévention du suicide et d’accompagnement a assuré une prise en charge psychologique de 561 personnes, soit une augmentation de plus de 22% comparé à 2020. Nous comptabilisons un total de 4.808 consultations, soit une augmentation de plus de 24% comparé à 2020. Concernant les appels téléphoniques, nous dénombrons en moyenne 900 appels par mois durant les années 2020 et 2021. Nous avons toutefois eu en mars et novembre 2020 une nette hausse (+ 600 par mois) des appels téléphoniques reçus, ce qui correspond aux deux périodes de confinement durant la crise de la Covid-19.

Hausse des passages à l’acte, troubles anxio-dépressifs, scarifications…

Comment expliquer ces appels à l’aide bien plus nombreux durant la pandémie et encore aujourd’hui ? « Au cours de leurs consultations, les psychologues de « Un pass dans l’impasse » ont remarqué une très forte augmentation des troubles anxio-dépressifs, particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes durant la pandémie. La souffrance liée à l’isolement social, le stress engendré par la charge de travail en distanciel et l’angoisse face à un avenir incertain ont sans conteste été les plaintes les plus entendues par les psychologues de l’équipe durant cette période », explique Florence Ringlet, Directrice thérapeutique à l’ASBL « Un pass dans l’impasse ». « Sur le plan clinique, ces plaintes se traduisaient surtout par une augmentation de l’intensité des idéations suicidaires, une multiplication des passages à l’acte, des scarifications, mais aussi de la phobie scolaire, d’importants troubles du sommeil et du comportement alimentaire. Chez les enfants, les psychologues ont rapporté une augmentation des situations de maltraitance, ou a minima, des situations familiales devenues critiques en raison du manque de régulation de la distance émotionnelle. Ces enfants présentent en général un tableau clinique oscillant entre des plaintes somatiques diffuses, des pleurs, de l’agitation, voire de l’agressivité. A côté de ces enfants et adolescents, les psychologues ont évidemment pu constater le désarroi de nombreux parents bousculés par la crise tant professionnellement que personnellement ».

Toute personne confrontée à des idées suicidaires ne doit pas hésiter à contacter le Centre de prévention du suicide et d’accompagnement de « Un pass dans l’impasse » au numéro unique en Wallonie : 081/777.150. Le Centre dispose de 8 antennes de consultation en Wallonie (Namur, Tournai, Mons, La Louvière, Charleroi, Louvain-la-Neuve, Marche-en-Famenne et Liège) dans lesquelles des psychologues apportent un soutien adapté aux besoins de chacun. « Il n’y a pas de honte à demander de l’aide. Nous appeler est un premier pas, nous vous accompagnerons pour les suivants », souligne Florence Ringlet.

Devenir un acteur de prévention

Face à ces tristes constats, l’ASBL « Un pass dans l’impasse » rappelle qu’elle a mis en place un dispositif unique en Belgique qui permet à tout le monde de jouer un rôle dans la prévention du suicide, celui de sentinelle. Une sentinelle, c’est quelqu’un qui est capable de détecter une personne en détresse suicidaire et de déclencher une alerte auprès de l’ASBL. La personne en détresse recevra ainsi une aide psychologique adaptée. Devenir sentinelle est une démarche rapide, gratuite et très simple qui peut sauver de nombreuses vies. Pour s’inscrire, il suffit d’envoyer un mail à l’adresse mail : reference.suicide@un-pass.be.  « Ensemble, nous pouvons dire stop et agir ! Plus on comptera de sentinelles en Wallonie, plus nos chances de réduire le nombre de suicides seront grandes. Aujourd’hui, 402 personnes ont déjà franchi le pas », conclut l’Administrateur Délégué de l’ASBL « Un pass dans l’impasse ».

 

Prévention du suicide en Wallonie : 081/777.150